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« Je ne suis pour rien. Je ne connais même pas le site où se fera l’extraction, c’est grave (.....)Je le répète encore je ne sais rien du dossier. Je me suis rapproché du préfet qui aussi était étonné. J’apprends donc que ma signature se trouvait dans un document (.....) en fait j’étais ébloui. » a déclaré le Chef d'Agomé-Séva...

Promoteur Directeur de la Société BERJ BUSINESS

Situé à 9 km (Sud-est) d’Afagnan, chef lieu de la préfecture du Bas-Mono, le canton d’Agbétiko longe le fleuve Mono. Depuis longtemps, la richesse en sable fin du Mono dans le canton Agbétiko est chose envieuse aux yeux des exploitants et pilleurs de richesse environnementale. C’est enfin choses faite, les chinois ont trouvé l’accès à ce sable extraordinaire bien avant le mois de janvier 2017 et la société Berj Business vient se faire remarquer début janvier 2018. Ce sable constitue une richesse pour la population du Bas-Mono et plus précisément le canton d’Agbétiko. Ledit canton compte quatre (4) villages à savoir Gbandidi, Batonou, Agomé-Séva et Agbétiko. Le canton est ainsi longé par le fleuve Mono jusqu’à Avévé dans la préfecture des Lacs.

QUE SE PASSE-T-IL DANS LE CANTON D’AGBETIKO ?

Avril 2017, la nouvelle a enflammé les populations du village Agbétiko et nombreuses étaient les machines d’extraction de sable qui se sont déambulées dans ledit village.

A Agbétiko, les problèmes ont commencé par l’arrivée d’un chinois qui s’est entendu avec les premiers responsables pour exécuter son projet d’extraction de sable. Tout a commencé depuis le début du mois de février 2017 et ce n’est qu’au 10 mai 2017 que les populations, femmes, hommes, jeunes et enfants se sont affichés contre cette exploitation dite abusive. Une manifestation qui a poussé les autorités de la préfecture à agir rapidement.

Les plaies ne sont pas encore cicatrisées quand en janvier 2018 l’apparition de la société Berj Business à Agomé-Séva, un village dudit canton vient créer de nouveau un mécontentement au sein des populations. L’exploitation de sable revient une fois encore et ceci sur un espace qui se situe entre le village Gbandidi et Agomé-Séva.

QUE S’EST-IL PASSE LE 10 MAI 2017 DANS LE VILLAGE AGBETIKO ?

Manifestation du 10 mai 2017 Village Agbétiko

Le lieu d’extraction de sable trouvé par les chinois est souvent utilisé par les habitants pour joindre leurs champs du côté du Bénin et d’autre fois dans le village Handjivi, une île togolaise. Ils y vont à pirogue. A côté de ce tronçon, se trouve l’unique marché d’Agbétiko qui est inondé par la pluie en temps de débordement du fleuve Mono. Ce qui explique l’arrêt des activités économique dans le milieu. Mercredi 10 mai 2017, très tôt dans la matinée, les femmes ont pris d’assaut les lieux d’extraction et ont bloqué la voie aux voitures. Ces dernières réclament « leur sable » et la réhabilitation du fleuve qui est désormais impraticable à pirogue, et devient alors souillé donc impossible à la boisson. Du coup, elles ne pourront plus aller dans leurs champs sur l’autre rive. Cette manifestation a ainsi bloqué les activités d’extraction de sable dans le village. Cette sortie musclée des populations a permis au premier responsable de la préfecture de se prononcer sur la radio local du milieu, la Radio Mokpokpo. C’était le lendemain jeudi 11 mai 2017. Pour le préfet, ces femmes qui manifestent manquent d’information. La société chinoise n’est donc pas là pour piller ni voler les biens du village ; mieux encore c’est un travail gagnant-gagnant. Pour monsieur Sogbo Amétépé Kokou, il ne serait pas bon de sa part de donner les sommes qui viendront permettre le développement dudit village. Selon lui, plus d’un milliard sera versé au canton. Exploitation en suspend.

D’AGBETIKO A AGOME-SEVA, JUSTE 5 KM

Quand les travaux de la société chinoise sont en suspend depuis un moment, beaucoup se demande comment sera la suite car, la société n’a pas encore plié bagage. Elle pourrait revenir d’ici quelques jours. Les plaies font encore mal quand la sirène annonceuse de mauvaise nouvelle s’est fait entendre. L’arrivée de la nouvelle société dénommée Berj Business n’est pas si attendue. Ladite société depuis fin 2017 a effectué des enquêtes sur le terrain pour trouver un bon sable pour la commercialisation et agrandir son chiffre d’affaire. Elle a bien trouvé la jarre de la richesse, le canton d’Agbétiko. C’est à Agomé-Séva que cette dernière a posé sa valise. Un espace entre Gbandidi et Séva. Une terre qui représente pour la société une source de ressource intarissable.

Les enquêtes ont abouti sur des études  d’impacts environnementaux dans ledit village. L’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE) a été invité à effectuer l’étude. Tout était bien parti selon les deux parties à savoir, la société Berj Business et l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE) ; mais les problèmes n’ont attendu qu’un seul chemin pour se faire entendre.

ET LES 15 ET 16 FEVRIER 2018 SONT ARRIVES

Le mécontentement des populations du village d’Agomé Séva à propos du projet d’extraction du sable mécanisée du fleuve du mono dans leur village a atteint son maximum. Cette colère a été manifestée les 15 et 16 février 2018 dernier par leur descente sur le parvis des bureaux de la préfecture de Bas-Mono et l’interdiction aux visiteurs, la société Berj Business, les responsables de ANGE, les agents du ministère de l’environnement et d’autres experts à atteindre le site choisi pour extraction.

Sable de qualité du village d'Agomé-Séva

Une réunion a eu lieu dans la grande salle de la préfecture avec plus d’une quarantaine de personnes venues d’Agomé-Séva le 15 février 2018. Portant sur l’appartenance des terres du site, les rémunérations, les bénéfices des populations, l’accord des chefs du village et de canton, la corruption dont est victime le chef d’Agomé-Séva, toutes les discussions ont été houleuses mais n’ont chuté sur aucune décision.

Courant la journée du 15 février, une invitation a été adressée à toutes les parties pour un atelier d’évaluation de l’étude d’impact environnemental et social sur le vendredi 16 février 2018 à la préfecture sur 08 heures 30 minutes. A la fin de l’atelier, une visite se fera sur le site avec les autorités de la préfecture. Les mots de l’invitation n’ont pas été respectés. L’ANGE, la Société, et les experts se sont rendus sur le terrain à l’insu du préfet et son administration à savoir le SG, le PDS et les autres acteurs comme le DP MERF de Bas-Mono. Prévu pour 8h 30 minutes, l’atelier d’évaluation a démarré à 12h 25 minutes, heure à laquelle l’équipe était revenue à la préfecture.

LE MAL QU’ON REPROCHE A L’AGENCE NATIONALE DE GESTION DE L’ENVIRONNEMENT (ANGE) !

Dans la matinée du 16 février quand les autorités compétentes de la préfecture attendaient avec impatience l’équipe de l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE), les premiers responsables de la société Berj Business et les experts en environnement, ces derniers se retrouvent à Agomé-Séva sans que les autorités se soient au courant pour une visite inopinée sur le site choisi pour l’extraction de sable. Arrivée sur les lieux, la délégation de Lomé a été interdite de visite sur le site. Les populations ont bloqué tout accès et se sont révoltées contre tout forcing de la délégation conduite par l’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE).

Dans les discussions, au cours de l’atelier, lumière est faite sur l’innocence de cette affaire d’extraction qui n’a reçu aucune signature de la préfecture de Bas Mono et reste inconnue de la présidence de la délégation spéciale de la préfecture.  Selon ANGE et Berj Business, le document du rapport d’étude d’impact environnemental et social a reçu l’aval de bon nombre de personnes dans le village et en tête le chef.

Dans les coulisses, la tête du chef serait un cadeau offert sur un plat d’or. Il aurait, selon les populations pris des enveloppes d’argent chez ces « pilleurs » de ressources et est sur le point de vendre les acquis et richesse du village.

FRACASSANTE REVELATION DU CHEF D’AGOME-SEVA

Cette affaire d’extraction de sable n’épargne pas la tête du village. C’était amer à boire pour le chef d’Agomé-Séva. L’arrivée de la société Berj Business dans ce village pour l’exécution de ce projet d’extraction, n’a pas recueilli l’assentiment de toute la population. « J’étais absent du village quand la délégation est arrivée. Je ne savais rien. De mon retour, j’ai reçu un coup de fil me demandant à une réunion à la préfecture sur le 16 février 2018. Jusque là rien ne m’étais éclairé. J’apprends donc que ma signature se trouvait dans un document donnant accès à une société de venir extraire le sable dans ce village. La veille de la réunion du vendredi 16, qui est donc le jeudi 15 février, j’ai reçu une grande délégation de la population qui me demandait les comptes sur ce que j’ai reçu, en fait j’étais ébloui. … »

Cette affaire d’extraction a plu à certains vieux du village qui auraient déjà trouvé leur sort et savent ce qui les attend. Une réunion extraordinaire en l’absence du chef a permis la signature d’un « sage des chefs quartier » de Séva en lieu et place du chef de village.

« C’est hier seulement que j’apprends qu’il y a eu une réunion à mon absence, à l’absence de mon secrétaire et de mes notables et c’est à la fin que les chefs quartier ont signé un document pour donner le OK à ceux qui étaient arrivés. Je ne suis pour rien. Je ne connais même pas le site où se fera l’extraction, c’est grave. Je l’ai dit à la population avant qu’elle n’aille jeudi à la préfecture. Je me suis fait expliquer. Les chefs de quartier savent ce qu’ils font… Je le répète encore je ne sais rien du dossier. Je me suis rapproché du préfet qui aussi était étonné… »

 

 

Cette révélation cache-t-elle quelque chose ou fait elle allusion à quelque chose ?

 

 

Ce projet manque de fiabilité dans sa procédure. Dans les processus d’étude, aucunes autorités de la préfecture, à savoir le préfet de Bas Mono, le président de la délégation spéciale n’ont été informé ni la direction préfectorale de l’environnement et des ressources forestières.

Nous y reviendrons dans ce dossier !

La cellule de communication de ANEDD

Tag(s) : #DOSSIERS
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