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E-PLUS MEDIAS

JMF / FORUM ECOLOGIE & JUSTICE : QUAND LES DEFENSEURS DE LA NATURE PARLENT DE FORET

La plateforme Ecologie & Justice a servi de panel de débat en ligne au cours de la journée mondiale de la forêt célébrée chaque 21 mars de l’année. L’édition 2021 est axée sur le thème : « La restauration des forêts - Une voie vers la reprise et le bien-être ». Organisé par les responsables de Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), une ONG de protection de l’environnement et de promotion des actions écologique, le débat a eu lieu en présence d’au moins 253 personnes inscrites sur le panel avec quatre (4) invités à savoir : Charles KOLOU, Géographe et Conseil Technique en Economie locale-climat & Energie. Volontaire engagé à la cause environnementale et Journaliste, Eve KUADJOVI, environnementaliste, Clément EVI SEWA, Technicien en agroécologie. Défenseur de l'environnement et Edem ASSIGBLEY, Sociologue avec comme modérateur Sena ALOUKA, Directeur Exécutif de l’ONG JVE.

Toutes les questions qui sont posées par le modérateur sont rapportées par E-Plus avec quelques reformulations. Lisez plutôt !

 

Il y a un grand nombre de journées mondiales et internationales qui sont célébrées sur plusieurs thématiques chaque année. On parle aussi de décennie et d’année. Parmi ces journées se trouve celle consacrée aux forêts. Pourquoi une telle journée ?

 

Photo 2: M. Charles KOLOU

Charles KOLOU :   Il faut noter que c'est en 2012, que l’Assemblée Générale des Nations Unies a proclamé le 21 mars Journée internationale des forêts. La Journée se veut une occasion de sensibilisation du public à l’importance de toutes les variétés de forêts et d’arbres pour notre écosystème. Cette journée est donc une opportunité de célébrer la forêt dans sa diversité et de faire prendre conscience de l’importance des différents types de forêts. En ce jour normalement, tous pays dont le Togo sont invités à engager des efforts aux niveaux local, national et international afin d'organiser des activités autour des forêts et des arbres, par exemple des campagnes de plantation d'arbres.

 

Eve KUADJOVIE : Il faut ajouter que le thème choisi pour cette année 2021 est « La restauration des forêts : une voie vers la reprise et le bien-être » ; un thème très important en ces temps où nous sommes confrontés à la pandémie de la Covid 19, avec tous ses impacts négatifs aussi bien sur l'Homme que sur les économies.

 

Charles KOLOU : Comme l'a déjà énoncé Eve, le thème choisi pour l’année 2021 est « La restauration des forêts - Une voie vers la reprise et le bien-être ». Faut-il retenir, ce thème s'inscrit dans le contexte de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021 - 2030). Lorsque nous buvons un verre d'eau, écrivons dans un carnet, prenons des médicaments contre la fièvre ou construisons une maison, nous ne faisons pas toujours le lien entre ces actions et les forêts. Pourtant, tous ces aspects de notre vie, et de nombreux autres, sont liés d'une manière ou d'une autre aux forêts.

Les forêts, leur gestion et l'utilisation durables de leurs ressources sont des éléments essentiels dans la lutte contre les changements climatiques et permettent de contribuer à la prospérité et au bien-être des générations actuelles ou futures. Les forêts jouent également un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté et dans la mise en œuvre des 17 objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. Pourtant, malgré ces précieux avantages écologiques, économiques, sociaux et sanitaires, la déforestation mondiale se poursuit à un rythme alarmant.

 

Chaque année, notre planète perd 10 millions d’hectares de forêts, soit à peu près la même superficie que l’ensemble de la République de Corée du Sud. Quelles sont les causes selon vous ?

 

Charles KOLOU : Les forêts tropicales sont les plus touchées par la déforestation, en particulier en Amazonie, en Afrique équatoriale et en Asie du Sud-Est (Indonésie). La première cause de la disparition des forêts naturelles est l’agriculture intensive : les terres sont utilisées pour cultiver notamment l’huile de palme, le soja, le cacao ou sont utilisées comme pâturages. Vient ensuite l’exploitation forestière qui sert à produire le papier, le bois de chauffage et de construction. Parmi les autres causes de déforestation, on retrouve l’agriculture itinérante, les incendies et en très faible pourcentage, l’urbanisation.

Selon Greenpeace, rien qu’en Amazonie, 1,185 milliards d‘arbres ont été abattus en 2017, soit l’équivalent de 1000 terrains de football. La frénésie du déboisement met en péril tous les écosystèmes qui dépendent des forêts, dérègle le climat à une échelle locale aussi bien que mondiale et est la source de conflits socio-économiques qui touchent en premier lieu les populations autochtones.

Mais la bonne nouvelle c’est que nous pouvons inverser cette tendance négative grâce à une gestion durable des forêts et à la restauration des écosystèmes.

Ainsi, Chaque année, comme souligné plus haut à l’occasion de la Journée internationale des forêts, les pays sont encouragés à entreprendre des initiatives locales, nationales ou internationales impliquant les forêts, telles que des campagnes visant à planter des arbres. Le thème de chaque Journée internationale des forêts est choisi par le Partenariat de collaboration sur les forêts (PCF).

 

Quelle est la portée des relations entre l’humanité et la forêt ?

 

Charles KOLOU : Si nous faisons une synthèse des études, nous retenons que les forêts abritent environ 80 % de la biodiversité terrestre du monde, avec plus de 60 000 espèces d'arbres. Plus d'un milliard de personnes dépendent directement des forêts pour leur alimentation, leur logement, leur énergie, leurs médicaments et leurs revenus.

En effet, et pendant trop longtemps, nous avons considéré les forêts comme des objets purement fonctionnels ou ornementaux, d’arrière-plan ou de second ordre.   Elles ornent les rues de nos villes certes mais elles nous offrent des coins d’ombre où nous reposer ou nous protéger du soleil. Elles nous fournissent du papier et du combustible, des fruits et des noix. Ces avantages-là sont bien connus.

 

Y a-t-il d'autres services qu'on ne sait pas apprécier ou qu’on n’arrive pas à voir ?

 

Charles KOLOU : Et oui !  Les forêts nous rendent d’autres services qui sont pratiquement invisibles à l’œil nu. Elles travaillent en coulisse, en purifiant notre eau, en filtrant notre air et en nous protégeant contre les effets du changement climatique. Elles sont des anges gardiens pour plus d’un milliard de personnes, car elles fournissent des aliments, des plantes médicinales et des combustibles à ceux qui, sans les forêts, n’auraient aucun moyen d’accéder à ces ressources.  Elles contiennent plus des trois quarts de la biodiversité terrestre de la planète et servent d’habitat à nombreuses personnes qui sont parmi les plus pauvres au monde.

Les forêts jouent un rôle clé dans nos vies, en catimini, sans que nous en ayons conscience.

 

Photo 3: Mme Eve KUADJOVI

Eve KUADJOVIE : On peut également ajouter que la vie de l'Homme dépend fortement de la forêt. Elles sont une source de revenus et d'emplois.

La valeur économique des services fournis par les arbres du monde entier est estimée à 16,2 milliards de dollars. Ils assurent également un emploi à plus de 13 millions de personnes. Les services consistent, outre l’approvisionnement en eau et air purs, en de nombreux produits incontournables, notamment bois (construction, meubles, papier, énergie), résines, fruits, miel, ingrédients nécessaires à la fabrication de médicaments, cosmétiques et détergents... sans oublier le secteur du tourisme. Aujourd'hui encore, environ un tiers de la population mondiale dépend des forêts et des arbres pour ses besoins quotidiens, surtout pour cuisiner et se chauffer.

Les forêts régulent les précipitations du monde entier ; le maintien de régimes de précipitations normaux dépend fortement des forêts. Non seulement parce qu'elles permettent l'évaporation d'une grande quantité d'eau, mais aussi parce qu'elles libèrent des particules biologiques telles que les pollens et les spores fongiques, qui servent de noyaux de condensation pour la formation de gouttes de pluie ou de cristaux de neige. Les forêts côtières attirent l'air humide des mers et le mènent vers les terres intérieures plus sèches. Les effets peuvent s'observer à des milliers de kilomètres. Les forêts sont donc essentielles en ces temps de changement climatique, les périodes de sécheresse devenant plus longues et plus nombreuses.

Les arbres et les forêts sont des climatiseurs naturels : Sous les cimes des arbres, la température est sensiblement plus basse que dans les espaces ouverts ou en ville. Les arbres utilisent en effet l'énergie solaire pour permettre à l'humidité de s’évaporer. Un seul arbre a un effet rafraîchissant similaire à celui des climatiseurs de deux ménages moyens. De ce fait, la température en surface des zones boisées peut être jusqu'à 20°C plus basse que celle des bâtiments ou de l'asphalte des routes.

Les forêts nous protègent des catastrophes : Il y a moins d'inondations dans les zones forestières, notamment parce qu’un volume beaucoup plus important d'eau s'infiltre dans le sol en cas de fortes pluies. Cette eau ne s'écoule donc pas directement dans les rivières. Les forêts de mangrove protègent les côtes des tsunamis et limitent également le risque de glissements de terrain, d’avalanches et de tempêtes de sable.

Les forêts et les arbres nous offrent un sol fertile : Grâce aux forêts, une quantité moindre de particules fertiles du sol s'écoulent en cas de précipitations. Les racines des arbres font remonter les substances nutritives des profondeurs du sol vers la surface. Les feuilles mortes nourrissent le sol et la vie qui y grouille.

Les forêts freinent le réchauffement de la terre : Les forêts constituent les plus grands réservoirs de carbone, après les océans. Plus nombreuses sont les forêts, moins il y a de CO2 dans l'atmosphère et plus le réchauffement de la terre est faible. Ces bénéfices s'ajoutent à l'effet de refroidissement naturel des forêts. Environ 18 % du réchauffement actuel de la terre est dû à la disparition de forêts.

 

Alors, en cette période de Covid 19, y-a-t-il ou quel lien peut-on faire entre la forêt et notre santé ?

 

Charles KOLOU : De fait, les forêts sont bonnes pour notre bien-être physique et mental. Des choses banals parfois comme passer du temps autour des arbres aide à renforcer notre système immunitaire, baisse la tension artérielle et favorise la relaxation. Les forêts soutiennent notre santé de plusieurs manières qui peuvent ne pas être visibles ; entre autres un air plus pur, un refroidissement naturel et même l’eau douce que nous buvons.

Nous le savons tous, et celui qui a grandi dans un village peut témoigner et confesser que :  Les forêts nous fournissent des médicaments ! sans commentaire. On cherche médicaments pour Covid 19 n'est-ce pas ? De la forêt et avec foi on va l'obtenir et pourquoi pas ?

Bon nombre de médicaments sur lesquels nous comptons aujourd’hui proviennent des forêts. 25% des médicaments utilisés dans les pays développés sont à base de plantes, tandis que dans les pays en développement, cela peut atteindre 80 pour cent. Les forêts fournissent également des produits de santé essentiels tels que des articles d’hygiène, le papier toilette, les serviettes en papier, les mouchoirs en papier et l’éthanol pour les désinfectants.

Même les masques et les vêtements de protection dont dépendent les travailleurs médicaux de première ligne sont créés/fabriqués à partir de Produits Forestiers comme la pâte de bois et la fibre de cellulose soluble.

 

Eve KUADJOVIE : Il ne faut pas non plus oublier que dans le 1er dépliant publié par l'Université pendant la Covid 19, plusieurs plantes étaient conseillées pour booster le système immunitaire.

 

Et si la fin de Coronavirus se trouvait dans nos forêts ?

 

Charles KOLOU : Le saviez-vous ? Voici ce que prédisent déjà les chercheurs à l’avenir :  Les études révèlent que les forêts nous protègent contre de futures pandémies.  À l’heure actuelle, 60% de toutes les maladies infectieuses et 75% de toutes les maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses. Ces maladies proviennent du transfert d’agents pathogènes des animaux aux humains, et elles surviennent généralement lorsque les paysages naturels, comme les forêts, sont défrichés. En plantant des arbres et en restaurant les forêts, nous pouvons soutenir une approche intégrée d’une seule santé pour les personnes, les espèces et la planète. C’est pourquoi le thème de la Journée internationale des forêts de cette année, le 21 mars 2021, est « La restauration des forêts : un chemin vers le rétablissement et le bien-être ».

 

60% de toutes les maladies infectieuses et 75% de toutes les maladies infectieuses émergentes sont des zoonoses. Qu’est-ce donc la Zoonose ?

 

Charles KOLOU : Une zoonose est une maladie ou une infection naturellement transmissible des animaux vertébrés à l’homme.

 

Clément EVI SEWA : Exemple : la maladie du charbon, la rage…

 

Eve KUADJOVIE : Il faut savoir également que les zoonoses représentent une forte proportion de l’ensemble des maladies infectieuses nouvellement recensées ainsi que de nombreuses maladies existantes.

 

Maintenant, quelles solutions pour une gestion durable des forêts ?

 

Eve KUADJOVIE : En premier lieu il faut parler de l'information et de la sensibilisation des populations.

 

Clément EVI SEWA : Le premier moyen qui s'avère indispensable est la sensibilisation. Ceci les autorités locales et les OSC jouent un rôle très important afin d'apporter le message ardent de la protection de nos forêts aux populations. Encourager l'instauration des forêts communautaires.

 

 Eve KUADJOVIE : Il faut que les communautés reconnaissent et comprennent vraiment ce rôle vital des forêts afin de contribuer à leur protection. Après cela, il faut qu'elles soient associées à l'élaboration et la mise en œuvre de toutes les actions de protection de la forêt afin qu'elles puissent s'impliquer pleinement, et poursuivre les actions même après la fin des projets mis en œuvre.

 

Charles KOLOU : En plus de l'information, de l'éducation et de la communication, il faut passer à l'action : restaurer les paysages forestiers, règlementer l'exploitation des écosystèmes forestiers, mettre à contribution tous les acteurs de développement, gestion communautaire/participative marche dans beaucoup de cas. Il faut que les communautés respectent les feux de brousse précoces qui sont autorisés. Aussi nous encourageons les brigades anti feux à œuvrer pour la protection des forêts contre ces feux de brousses.

 

Parlons à présent de l'état des Forêts au TOGO. Plusieurs vidéos dont celle sur la forêt Sacrée classée Assèvé ont été diffusé sur ce panel. Quel est réellement l’état de nos forêts ?

 

Eve KUADJOVIE : Le dernier inventaire forestier réalisé dans le cadre de la REDD+ estime la couverture forestière à environ 24,24%. La région la plus couverte en ressources forestières du pays est celle des Plateaux, où les forêts y occupent 32,81% de sa superficie, tandis que celle la moins couverte est la région des Savanes avec 9,46%. Les régions Maritime, Centrale et de la Kara occupent respectivement 29,06%, 26,83% et 17,04% de couverture forestière.

 

Charles KOLOU : Selon l’inventaire forestier national de 2016, une étude menée par l’agence de coopération allemande GIZ, le Togo dispose d’un taux de couverture forestière national de 24,24 %.   

En plus des détails apportés par Mme Eve, il faut noter que Le taux de déforestation du Togo estimé à 0,73% soit 9.280 hectares par an entre 1990 et 2000 est actuellement de 0,21% ceci correspond à 2.530 hectares par an pour la période 2000 à 2015.Dans ce contexte, l’ambition du Togo est de porter à 25% la couverture forestière d’ici 2025 soit le quart du territoire national.

L’objectif poursuivi par le pays à l’horizon 2030 dans le cadre de l’initiative AFR100, une initiative continentale de restauration du paysage forestier lancée en 2015 par les pays africains à la faveur de la COP21 est de restaurer un million d’hectares de paysages dégradés d’ici 2030.

Le pays aussi ambitionne d’avoir une couverture forestière de 30 % à l’horizon 2050. Les chiffres vous réjouissent ? Si oui, alors stoppons de couper les arbres, et plantons ! Y’a-t-il des maires et conseillers municipaux ici ? On veut bien compter sur vous pour la restauration et la préservation des forêts.

 

En 2015, le PNUD a rapporté que la couverture forestière était de 6,8%. Un an après, la GIZ effectue un inventaire et le taux passe directement à 24,24%. Quelle explication peut-on donner à cela ?

 

Charles KOLOU : Je pense que ces chiffres sont celle d'avant le 1er inventaire forestier national. Et si j'ai bonne mémoire on avait eu une discussion où on n'a pas pu se mettre d'accord.  Ce qui milite en faveur des derniers chiffres, c'est qu'il y a eu une étude, n’est-ce pas ? Les chiffres de 2011 ou encore antérieur étaient des estimations ?

Toutefois le 2eme inventaire forestier national a démarré en ce mois mars. On s'assied on lave nos mains et on attends juin-juillet pour en juger de la qualité des données antérieur et celle-ci. La recherche ou étude reste une étude !

 

Avec un taux de déforestation estimée à 4,12% (chiffre de la FAO en 2012-2014) que l'étude GIZ a ramené à 0,21%, dites-nous quelles sont les conditions qui entourent la coupe de bois au Togo ?

 

Photo 4: M. Clément EVI SEWA

Clément EVI SEWA : Vue ces chiffres effrayant et alarmant, les autorités forestières Togolaises ne ménage aucun effort pour la préservation de nos forêts. Et ceci, peu importe les forêts naturelles ou les RNA. Je donne un exemple : Pour couper sa propre forêt, que vous le voulez ou non, il s'avère indispensable de disposer d'un permis de coupe.

Aujourd'hui la délivrance de ce permis relève du MEDDPN (Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Protection de la Nature). Et qui doit comporter 4 étapes sinon 5 à savoir :

1- La constitution du dossier d'abattage : Ici vous mettez le nombre d’arbres à couper, l’objectifs et outils que vous utiliserez.

2- Étude de votre demande d'abattage : Le service forestier prend soins d’étudier votre demande.

3-La visite du terrain. : Le service forestier envoi ses experts sur votre exploitation afin de vérifier réellement les paramètres.

4- Analyse des documents de constat d'abattage : Au retour chez eux, ils prennent soins d'analyser soigneusement les paramètres relevés sur votre exploitation.

Et si tout est ok, on vous délivre le permis de coupe.

Mais vous seriez parfois surpris qu'après étude, on vous dira monsieur, désolé !!! nous vous comprenons mais vous devez encore attendre un peu. Eh bien mais ... Vous n'aviez pas le choix. Vous osez, on vous arrête. Tout ceci pour une bonne cause. Au cas où vos arbres constituent une espèce rare en voie de disparition, on vous conseillera d'espérer encore un peu. Parfois, c'est juste le nombre à abattre que vous alliez réduire. Pareillement si votre exploitation protège par exemple le flanc d'une montagne.

 

Aujourd’hui, les secteurs de la construction des infrastructures et des mines sont de grands destructeurs des forêts. Quelle meilleure approche concernant ces secteurs ?

 

Charles KOLOU : Je pense ici que la société civile, les communautés aujourd'hui avec les mairies doivent jouer un grand rôle de veille d'application des textes relatifs aux EIES (Etude d'Impact Environnemental et Social). Du côté des gouvernements et de ses structures spécialisées ici ANGE (Agence Nationale de Gestion de l'Environnement) et ses amis doivent veiller au renforcement de l'arsenal juridique en place. Mettre à jour les textes selon les enjeux émergents...

 

(Le potentiel Énergie de la biomasse au Togo est estimée à 75 millions de mètres cube.  Actuellement nous voyons annuellement près de 10 millions de m3 pour les besoins essentiels de la Biomasse. L’ancien Ministre de l’environnement Oladokoun a bien averti. La demande va augmenter dans 10 ans. Faisons le calcul…)

Que fait alors l’ONG JVE justement dans ce sens ?

Photo 5: Foyers améliorés de JVE

 

Edemos (Membre de JVE) : JVE fait la vulgarisation des foyers améliorés dans les communautés aux Togo. Les foyers améliores sont des foyers qui réduisent la consommation du bois à plus de 50% lors de la cuisson. Ainsi leur utilisation réduit les pressions sur les forêts surtout dans nos communautés où on retrouve la majorité de ces écosystèmes. Depuis 2012, L'ONG JVE fait la vulgarisation desdits foyers au Togo. Plus de 30 000 foyers sont déjà vulgarisés dans les communautés sur toute l'étendue du territoire.

 

« QUAND UN ARBRE TOMBE CA FAIT BEAUCOUP DE BRUIT MAIS LA FORÊT, ELLE POUSSE CHAQUE JOUR SANS FAIRE DE BRUIT »

 

Discussion recueillie et réajustée par E-Plus !

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