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BAS-MONO/LES PRATIQUES ENDOGENES : LES FAISEURS DE PLUIE CONTRE L’AGRICULTURE

Enfin ce 07 avril 2019, il a plu au ciel de faire tomber une bonne quantité de pluie sur le Bas-mono. Cette pluie longtemps attendu par les agriculteurs est enfin arrivée. Durant le mois de mars où les cultivateurs espéraient ardemment cette pluie afin de faire un retour à la terre, ces derniers étaient confrontés au chaud soleil de tous les temps. Tout ce qui a été mis en terre n’a pas pu germer compte tenu de la chaleur et la pression qu’exerçait le soleil sur la terre.

Togbuis Sallah, Tossavi et D.E CDAC Lolo et H.E

D’où vient le problème ?

Les forces africaines sont toujours présentes et efficaces dans leur utilisation. Les connaissances pratiques et endogènes font désormais face à la science. Reçu dans l’émission « Nature et Environnement » sur radio Mokpokpo le samedi 06 avril 2019, les chefs traditionnels de Bas-mono ont évoqué le problème des « Faiseurs de pluie » ; ces deniers bloquent ou renvoient la pluie ailleurs quand celle-ci devrait pleuvoir. Cette pratique vient des connaissances endogènes et dans cette situation est néfaste à l’environnement et surtout à l’agriculture. Pour Togbui Tossavi Komi, chef de Matchalè, « c’est bon d’avoir ces puissances. Nous devons les protéger et les mettre au profit du développement de nos communautés. Le mal dans tout cela est le fait de les appliquer à tout moment et que cela agisse sur l’agriculture ».

Les connaissances et pratiques endogènes ont été utilisés par les ancêtres afin de sauver des situations grave auxquelles font face les populations. Aujourd’hui ces puissances sont devenues des moyens de commerces de certaines personnes principalement ceux dites « les faiseurs de pluie ». Ces derniers sont souvent recherchées lors des funérailles et grandes fêtes traditionnelles. « Aujourd’hui, les faiseurs de pluie sont pratiquement dans tous les villages. Leurs moments de travail ou de business sont les moments des funérailles. Quand tu as des funérailles et que tu remarques qu’il va pleuvoir ; tu fais appel à ces « faiseurs de pluie » et ils pratiquent leur puissances pour renvoyer ailleurs ou bloquer la pluie afin que cela ne tombe pas » a expliqué Togbui Sépédo Ayahoun III de Momé Gbavé. Il ressort donc que ces personnes qui ont cette force de pratique endogène se lancent dans une lutte contre la nature et donc imposent leur dictat à cette dernière ce qui empêche la bonne marche de l’agriculture.

La population de Bas-mono étant une population purement agricole, se retrouve face à un grand problème qui nécessite l’intervention des chefs traditionnels. A cours de cette émission radiophonique, les chefs se parvenus à une résolution. « Étant donné que nous savons la cause de l’absence de la pluie dans notre milieu, nous allons prendre des dispositions afin que la situation soit revue à la normale pour permettre une bonne agriculture » ont laissé entendre Togbui Goya Abraham de Gladjoé et Togbui Sessinou Sossa Blama de Blama-kondji.

Togbuis: Sépédo, Sessinou, Goya et H.E

Il s’avère donc important de tirer une conclusion durant cette émission qui portait sur les effets néfastes de l’utilisation des connaissances et pratiques endogènes sur l’environnement et l’agriculture. Pour Togbui Sallah Amavi Agbédiblé VIII d’Atchandomé Babènou, « nous allons appliquer une loi d’interdiction de funérailles dans notre préfecture. Ce qui serait mieux pour nous ici serait de permettre des funérailles de décembre à fin février. Et c’est fini. A partir du mois de mars, plus de funérailles, les gens pourront faire leur enterrement mais renvoyer les funérailles dans les mois précités ».

Cette loi rentrera  en application après d’autres concertations qui verra la rencontre de l’association des chefs traditionnels de Bas-mono et de la société civile. Intervenant dans l’émission, le Directeur Exécutif de CDAC-ONG, Lolo Amavi Nouwodjou, évoquait une convention locale pour conduire toute la population à un consensus afin que l’application de la loi ou la décision soit facile à tout le monde. Pour ce dernier, il faut donc organiser plusieurs réunions avec la population, identifier les « faiseurs de pluie » et discuter avec eux. « Si on ne discute pas avec ces derniers, sachez que tout ce qui se fera comme loi et décision ne pourra pas réussir. Alors il faut qu’ils soient impliqués et qu’ils comprennent les enjeux de la situation. N’oublions pas que c’est un moyen pour eux aussi de subvenir à leur besoin, c’est un business qu’ils font, un travail, alors il faut les identifier et discuter sinon, ils vont se cacher et faire leur pratique sans soucis » a-t-il dit.

La rareté, l’absence ou l’action des « faiseurs de pluie » agisse sur les productions agricoles. Cette idée d’élaborer une convention locale et de mettre en place une loi sur les funérailles serait une solution à cette situation désastreuse pour une population toute agricole.

AKH

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